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Gouvernance Dynamique versus Sociocratie

Publié le 05/05/2015

La Gouvernance Dynamique et la Sociocratie représentent le même concept. Il s’agit d’un cas comme dans l’autre de définir une méthode qui permette de diriger – gouverner – mener une société. De plus la Gouvernance Dynamique repose sur les mêmes règles de base, la même constitution que la sociocratie. Si nous comparons deux démocratie, prenons par exemple la Démocratie Suisse et la Démocratie Française ; leurs constitutions sont différentes et tout en chacun peut constater que le système législatif des votations suisses est totalement différent de celui que l’on observera en France. Choisir comme titre « Gouvernance Dynamique versus Sociocratie » est dans ce cas un peu paradoxale. C'est pousser volontairement au conflit, quand il n'y en pas. Et pourtant s'il ne s'agit pas d'un combat entre deux méthodes ; la gouvernance dynamique d'un côté du ring et de l'autre côté la sociocratie. La controverse porte sur l'utilisation de tel ou tel mot pour décrire la méthode, les concepts ou l'approche d'organisation des structures humaines.

Pourquoi et comment un mot plutôt que l'autre ? Pourquoi bien que signifiant exactement la même chose, nous sommes contraint à l'utilisation des deux termes ?

Après un historique de la genèse de la méthode et du vocabulaire, qui sera suivi d'une analyse de la situation actuelle et une présentation des perspectives d'évolution, nous proposerons des réponses, sous forme de piste d'utilisation.

 

La sociocratie (le mot) est née sous la plume d'Auguste Comte, philosophe inventeur du positivisme, et précurseur-annonciateur de la sociologie. A l'époque, ce mot décrivait l'organisation théorique d'une société collective, qui (à notre connaissance) n'a jamais vu le jour.
Le vocabulaire est resté inemployé pendant un siècle, jusqu'aux années 70, quand Gérard Endenburg le réutilisa pour nommer les concepts qu'il venait de créer. Gérard Endenburg présenta son approche dans deux livres qui font référence Sociocracy as social design et Sociocracy : The Organization of Decision Making. Nous pressentons au travers de ces deux titres déjà une dualité qui s'exprime : en effet la sociocratie est clairement proposée comme un remplacement du modèle social (sous entendu remplacement de la démocratie ?) et dans l'autre cas comme une méthode de prise de décision des organisations. Gérard Endenburg se rendant compte que son approche suscite l'intérêt, parcourt l'Europe et le monde présente sa thèse et fait des émules.

Des Américains : John Buck and Sharon Villines qui sont attirés par le concept et le défendent dans un livre intitulé We the people, et le sous-titre Consenting to a Deeper Democracy. Le mot sociocratie disparaît parteillement ! Et pourtant il n'est question que de cela à l'intérieur du bouquin.

Un Canadien francophone : Gilles Charest La Démocratie se meurt, vive la sociocratie, le titre est sans ambiguïté. Il s'agit de remplacer notre bonne vieille démocratie, dont Chuchill nous disait que « Elle était la pire forme de gouvernement exceptée toutes les autres que nous avions essayées »

Pourquoi John Buck et Sharon Villines n'utilisent-ils pas le terme sociocratie ? Parce que 'sociocratie' est proche phonétiquement de socialisme, qu'un américain des Etats-Unis va le comprend relevant du communisme, le retour au kolkhoze et goulag. Quand on connait l'aversion des états-uniens pour cette forme politique, nous comprenons mieux la prudence des auteurs.

En 2013, des peuples se battent pour installer la démocratie, et connaissent bien des difficultés, n'est-il pas un peu hasardeux et méprisant de prétendre que la démocratie n'est pas un aboutissement heureux.

 

Nous sommes donc confrontés à une méthode qui a deux noms : La Gouvernance Dynamique ou la Sociocratie, mon sentiment est qu'il faut choisir plutôt la gouvernance dynamique, parce que nous éviterons ainsi une polémique stérile.

Mais nous le sentons poindre aussi au travers de ce que propose les uns et les autres, nous un concept qui se décline à des échelles différentes :

Celle d'une méthode d'organisation des structures, des entreprises, de gestion du management, qui est éprouvée de part le monde aux Pays-Bas, en France et aux Etats-Unis.

Ou celle d'un substitut de la démocratie, non démontré, qui relève pour le moment du moins de l'utopie politique.

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